Les réflexes archaïques et l'écriture

Les réflexes archaïques, qu'est-ce que c'est ?

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réflexe d'agrippement palmaire chez le bébé

Les réflexes archaïques sont des mouvements involontaires, inconscients  et rapides de notre système nerveux qui émergent in utero pour certains, au cours de notre première année de vie pour d’autres.
 Ces réflexes se déclenchent en réaction à une stimulation des récepteurs sensoriels  situés au niveau des yeux, des oreilles, du vestibule, du nez, de la langue, de la peau, des tendons et des muscles.

Il en existe plus d’une cinquantaine parmi lesquels  le réflexe de succion, le réflexe de la marche, le réflexe d’agrippement palmaire, bien connus chez le bébé.

Tous les réflexes archaïques, innés, mettent en place notre dynamique corporelle primordiale en participant à la maturation du système nerveux, à l’organisation de toutes les chaines musculaires. Ce sont eux qui permettent de développer nos compétences motrices, notre équilibre, notre posture ainsi que nos capacités cognitives et émotionnelles.
 Au fur et à mesure de l’exploration sensorimotrice du nourrisson et du jeune enfant, les réflexes vont maturer et s’intégrer au système nerveux, de manière à libérer la motricité de tous mouvements involontaires. Les réflexes archaïques intégrés restent alors ancrés en nous mais pourront ressurgir pour nous protéger de certaines situations (chutes, stress, accidents, chocs psychologiques…).

Malheureusement, de nombreux éléments peuvent venir empêcher l’intégration à 100% des réflexes archaïques : nos modes de vie plus sédentaires, des problèmes durant la grossesse ou la naissance, nos mauvaises habitudes posturales…

 

Quelles sont les conséquences d’une mauvaise intégration des réflexes archaïques sur l’écriture ?

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tenue de crayon crispée

Il existe plus d’une dizaine de réflexes archaïques qui peuvent entraver l’apprentissage de l’écriture si un ou plusieurs d’entre eux sont mal intégrés. 

Ils se nomment réflexe d’agrippement palmaire (grasping), réflexe tonique asymétrique du cou (RTAC), réflexe tonique symétrique du cou (RTSC), réflexe tonique labyrinthique (RTL), Babkin, traction des mains, Moro…

Leur persistance oblige l’enfant ou l’adulte à mettre en place des stratégies de compensation coûteuses en énergie, qui les rendent fatigables et moins disponibles pour les apprentissages.

Dans de nombreux cas, on peut observer des postures ou attitudes caractéristiques :

-  Tenue de crayon crispée

-  Prise palmaire ou semi-palmaire

-  Jambe qui entoure un pied de chaise

-  Jambe repliée sous la fesse

-  Bras plié qui tient la tête

-  Bougeotte

-  Posture avachie

L’intégration des réflexes sous-jacents sera alors nécessaire pour aider l’enfant à se libérer des contraintes de ses mouvements parasites et se concentrer davantage dans le geste graphique. 

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L’intégration des réflexes en graphopédagogie.

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outile de maturation des réflexes archaïques

J’utilise la méthodologie Arc-en-Flex pour tester puis intégrer, si besoin, les réflexes ayant des conséquences sur l’écriture. L'accompagnement de l'élève consiste à lui faire retrouver plus de disponibilité dans les apprentissages et de l’aisance dans sa posture et sa tenue de crayon.

Selon mes observations, je propose des exercices apparentés à de la gym d’entretien ou du jonglage dans un contexte ludique. Ce travail de courte durée de remise en mouvement vient compléter les exercices propres au geste pour écrire qu’il faudra refaire régulièrement à la maison.

Références bibliographiques : 
« Le grand livre des réflexes » de Sally Goodard Blythe

Liens :   www.reflexes.org

www.arc-en-flex.fr


Une bonne posture pour écrire

infographie sur la posture pour bien écrire

 

Quand le pianiste s’installe, il règle le tabouret pour que les coudes soient à la même hauteur que le clavier et que les pieds reposent sur le sol. Il place le tabouret à bonne distance pour, qu’en se tenant droit, il puisse bien voir ses mains. Il adopte une posture détendue pour éviter les douleurs au niveau du dos, du cou et du poignet. Les poignets sont dans l’alignement des avant-bras pour permettre le mouvement optimal des doigts. Avant un concert, il prendra toujours le temps de s’installer au millimètre près devant le piano. Pendant qu’il joue, sa posture est dynamique pour mieux interpréter l’œuvre musicale.

De la même façon, écrire sur une table exige d’installer de bonnes positions corporelles afin d’éviter les douleurs et de bouger les doigts plus précisément.

La prise de conscience de la posture pour écrire est donc primordiale.

Voici les points auxquels il faut faire attention, que l’on soit gaucher ou droitier :
Le mobilier (siège –table) doit être réglé à bonne hauteur pour un appui aisé sur les deux coudes, sans relever les épaules ni courber le dos ; 

Les pieds doivent être posés à plat sur le sol (ou sur un repose-pieds) ;

Le dos est droit, le buste légèrement penché en avant pour bien voir la ligne sous laquelle la main écrit ;

La main non scriptrice incline la feuille sous l’avant-bras qui écrit, dans le même axe et à bonne distance pour celui-ci ; elle prend appui sur la table, en haut ou sur le bord de cette feuille, sans gêner le mouvement d’écriture ;

Une bonne position est recherchée pour rester détendu le plus longtemps possible ;

La main qui écrit est dans l’alignement de l’avant-bras ;

Les 3 doigts pouce-index-majeur, en prise sur le crayon, doivent pouvoir bouger de manière très précise.

 

En cas de difficultés pour écrire, contactez-moi.

Une écriture fluide

plaisir d'écrire avec une écriture fluide

Quand on observe une écriture fluide, le geste est sans hésitation. Les lettres sont tracées en déroulant un fil, sans à-coup intempestif, sans lever de crayon. La trajectoire est rectiligne. La main, en prise sur le crayon, a les doigts qui bougent en cadence, se plient, se déplient d’une manière ordonnée et rapide. Le poignet glisse sur la feuille.
Le scripteur ne se fatigue pas en écrivant car il contrôle la pression exercée sur le papier, il relâche ses épaules. Le bruissement de la mine sur le cahier alerte tout son être, des mots qu’il écrit. Les enchaînements, à force d’avoir été travaillés et pratiqués, se font avec agilité et prestance, tout comme la chorégraphie d’un patineur expérimenté.
Si on devait noter l’écriture comme on note une épreuve de patinage artistique, la note technique se baserait sur la posture, la tenue de crayon, la position de la feuille, celle des bras et le tracé des lettres. Tandis que la note artistique reflèterait plus le lexique orthographique interne, car l’écriture fait aussi corps avec la mémoire des mots et la grammaire des phrases.
Sur le plan cognitif, la fluidité de l’écriture dépend de la vitesse à laquelle le scripteur planifie et exécute la séquence des mouvements nécessaires à la réalisation de ses écrits. 
Ce critère de réussite s'acquiert avec un programme d'entraînements que la graphopédagogue adapte aux besoins de chacun de ses élèves, enfant ou adulte.


Des mains pour écrire

«  Mains, outils de l'esprit sans lesquels la pensée n'est que chimère. » 

Cette citation d’Aslan  nous rappelle que nos mains sont de précieux outils pour écrire.

Je constate aujourd’hui que de nombreuses personnes ne manient pas efficacement leur stylo, faute de connaître les capacités de leurs mains. 

Pourtant, celles-ci ont le merveilleux pouvoir d’apprendre à saisir les objets de manière efficace. La paume et les cinq doigts - le pouce, l’index, le majeur, l’annulaire et l'auriculaire - ont tous un rôle à jouer dans la préhension. Les prises s’adaptent à la forme et au volume de l’objet à saisir, grâce aux capteurs cutanés, à la vue et à l’expérience. On distingue principalement des prises palmaires impliquant la paume, et des prises en pince entre le pouce et un ou d’autres doigts. 

C’est au fur et à mesure de son développement, de la variété et du nombre de ses expériences, que l’enfant devient de plus en plus agile dans les manipulations. 

Après la prise palmaire réflexe du nouveau-né et les prises volontaires transitoires entre le pouce et les 4 autres doigts, la maturation neurologique lui permet de prendre un crayon fin vers 4-5 ans entre le pouce, l’index et le majeur. La prise tridigitale la plus efficace est celle entre la pulpe du pouce et le côté de la dernière phalange du majeur. D’abord statique, sans mouvement des doigts mais avec mouvement du poignet, elle évolue au cours de l’apprentissage vers une prise dynamique qui, quand elle s’accompagne d’une posture redressée, permet de relâcher toutes les tensions musculaires, sources de crispations et douleurs. Cette prise favorise alors la fluidité d’écriture.

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Pour aider au développement de la prise tri-digitale dynamique, l’apprentissage et la pratique gestuelles sont absolument nécessaires.

Il est primordial d’inciter votre tout-petit à bouger et à utiliser ses mains et ses doigts avec des objets de textures et de formes variées, à la maison et au jardin. Laissez-le manger avec ses doigts, découvrir la trace qu’il laisse sur une vitre ou sur le sable. Faites-lui faire des empreintes de doigts ou de petits objets, coller des gommettes, enfiler des perles, remplir à pleine main des petits seaux de graviers, modeler et pétrir...Bref, le plein d’activités pour délier, muscler, et palper avec les deux mains !

A partir de 3 ans, si votre enfant manifeste le plaisir de laisser des traces en voulant gribouiller et dessiner avec un outil, privilégiez les crayons de cire ou les morceaux de craie que l’on tient entre trois doigts.

Vers 4 ans, dessiner au tableau avec une craie, peindre ou coller avec un pinceau favorise la prise tri-digitale.
Mettez aussi entre les mains de votre enfant des accessoires variés, adaptés à ses mains d’enfant et à son âge – bouchons, pinces de taille variée, ciseaux, couteaux, lacets, boutons, pour qu’il s’entraîne à faire les gestes de la vie courante le plus efficacement possible.

Tout est prétexte à faire travailler les doigts, à l’école comme à la maison !

Insistez sur les comptines et autres jeux de doigts qui apprennent non seulement à nommer et délier les doigts mais aussi à tenir le crayon.

Pour trouver des idées, venez-vous inspirer ici et dans le livre "mes cahiers d'écriture - MS - Prélude"  de Isabelle Godefroy et Laurence Pierson, toutes deux graphopédagogues. 



Petit guide pour choisir un crayon ou un stylo.

Tous les outils ne se valent pas pour écrire. D’un crayon ou d’un stylo à l’autre, la qualité diffère selon la technologie employée pour fabriquer la mine, la bille, la plume ou l’encre. 

L’ergonomie est malheureusement parfois délaissée au profit du design.

Avant de se lancer dans l’achat, il est donc préférable de connaître les critères à évaluer pour trouver le meilleur outil pour écrire.

La prise en main.

Le corps du crayon ou du stylo doit favoriser une bonne prise en main en le calant entre le pouce, le majeur et l’index et la commissure pouce-index . Il ne doit être ni trop encombrant ni trop glissant.

Un crayon mine ou un stylo avec des encoches pourra être très utile à l’enfant qui a du mal à positionner ses doigts. La forme triangulaire, très ergonomique, aide aussi à mieux tenir l’outil. Pour d’autres élèves, un grip intégré ou des picots antidérapants auront l’avantage d’empêcher leurs doigts de glisser trop près de la mine.

L’épaisseur de la pointe.

Une mine de 0.5 ou 0.7 mm donnera une belle trace. Une plume de taille F ou M également.

 

La glisse sur le papier.

Une mine qui glisse est plus confortable qu’une mine qui accroche le papier, mais il ne faut pas qu’elle glisse trop non plus ! 

La glisse dépend de la technologie de la mine, de la nature de l’encre et de la pression que l’on exerce sur l’outil pour obtenir une trace fluide. Elle dépend aussi du papier. Mieux vaudrait donc essayer les stylos ou les crayons sur le papier ou le cahier que vous utilisez habituellement.

Ce qu'il faut savoir pour bien écrire en classe et à la maison.
·        L’apprentissage formel de l’écriture cursive se fait au crayon mine.

·        Le passage au stylo n’est autorisé que lorsque le tracé des lettres est bien maîtrisé et que le travail sur le cahier d'écriture ne comporte plus d'erreur. 

·        Le stylo 4 couleurs est vivement déconseillé pour écrire.

Suivez Scribelus dans l'apprentissage de l'écriture.

Episode n°1

Histoire de bien bouger les doigts.

2 mai 2020

La main de l’espèce humaine s’est spécialisée pour prendre, manipuler et utiliser des objets divers.
Chez l’enfant, la prise de conscience des mains et des doigts est une étape importante de la représentation mentale corporelle. Elle apparaît pleinement dans le dessin du bonhomme vers 7-8 ans. Savoir nommer les cinq doigts de la main, placer la bonne main sur une empreinte donnée, en dessiner les contours, bouger les doigts grâce aux comptines…sont des connaissances, expériences et compétences nécessaires pour préparer l’enfant à l’utilisation d’outils variés dont le crayon.


Histoire d'écrire : Scribelus veut bien écrire

22 mars 2020

règles pour écrire

Retrouvez LE MÉMO POUR ÉCRIRE ici

Des activités pour bien écrire.

6 mars 2020

des activités pour bien écrire

Avant de tenir un crayon, les mouvements et les multiples manipulations des enfants  dans leur quotidien (jouer, se déplacer, manger, s’habiller…) permettent de mettre en place gestes et automatismes indispensables à l’écriture. Capacités motrices, sensorielles et cognitives se construisant, petit à petit, le jeune enfant devient capable de manier des ustensiles, dont le crayon, à condition aussi qu’on le lui apprenne dans les règles de l’art.
Il arrive toutefois que cette habileté soit délicate chez certains enfants et certains adultes, en raison d’un manque de manipulations expertes et variées.
A tout âge, le travail avec les mains et les doigts est essentiel pour arriver à bien écrire. Malheureusement, l’évolution technologique et environnementale, et le recul de « travaux manuels » à la maison, comme dans la nature, ont tendance à mettre à l’écart habileté manuelle et motricité fine.
Alors, pour encourager les doigts à bouger davantage, et se préparer à bien écrire, je propose de pratiquer régulièrement des activités faciles à mettre en œuvre. 


Comment (p)réparer sa tenue de crayon ?

22 octobre 2019


tenue de crayon très crispée

Certaines tenues de crayon semblent impossibles à réparer tellement les doigts sont rebelles à tout changement. Pourtant, lorsque nous indiquons des massages spécifiques de la main et une gym des doigts appropriée, l’apprentissage d’une bonne préhension devient possible. Pourquoi ?
Ces prises en main problématiques proviennent de la présence rémanente d’un grasping qui entraîne non seulement des difficultés en écriture manuscrite, mais aussi en orthographe et en syntaxe.
Le grasping est un réflexe d’agrippement qui consiste pour le nouveau-né à agripper un doigt placé dans la paume de la main. Il fait partie des réflexes archaïques, ou mouvements automatiques du nourrisson, qui sont voués à disparaître avec le développement d’une motricité volontaire.
Pour un bon développement du réflexe d’agrippement chez le bébé, il est primordial de respecter les étapes de développement de l’enfant et de l’inciter à manipuler (sous surveillance) toutes sortes d’objets de texture différente, tissus et matériaux naturels tels le bois, la terre, la roche, le végétal, et les animaux. Il faut lui laisser également l’opportunité de manger avec ses mains, lorsqu’il en est capable.
Lorsque l’enfant grandit, l’apprentissage moteur et sensoriel plus ou moins poussé dans diverses manipulations régulières (utiliser couverts, pinces, ciseaux, boutons de chemise, instruments de musique ; prendre une pincée de sel, malaxer de la farine, modeler, étaler, enfiler…) permettront de mettre en place la motricité fine avec un contrôle quasi indépendant de chaque doigt.
Lorsque nous observons la présence d’un grasping chez un enfant ou un adulte, cela signifie que le développement de ce réflexe a été perturbé. Nous proposons alors une méthode pour le mettre en veille tout en  réactivant la motricité fine indispensable à la préhension du crayon et la réalisation de mouvements subtils.


L'écriture fait la Une

 16 septembre 2019 - Le Parisien - Aujourd'hui en France

la une du journal Le Parisien du 16 septembre 2019

Un dossier complet de Vincent Mongaillard sur l'écriture manuscrite, son enseignement, ses difficultés chez de nombreux élèves, les bénéfices de son apprentissage sur le plan cognitif et le rôle des graphopédagogues du réseau 5E.

4 conseils pour écrire.

9 septembre 2019


conseils pour bien écrire

Les deux graphopédagogues d'Écriture Paris - Laurence Pierson et Isabelle de Freitas - ont donné leurs conseils sur l'écriture manuscrite dans le supplément "L'Époque" du Monde du 1er septembre  2019.